Les gouvernements, les opérateurs télécoms, les acteurs de la technologie et de la rénovation, ainsi que les investisseurs multiplient les initiatives pour accélérer la transformation numérique de l'Afrique et atteindre la souveraineté numérique. Existe‑t‑il des synergies efficaces qui permettent de coordonner ces efforts avec succès ?
La bonne réponse, il faut entrer d'entrée de jeu : la bonne réponse, c'est qu'il y en existe. Ça c'est un fait, on ne va pas nier.
Mais tout le monde veut la même chose, sauf que tout le monde avance un peu en ordre dispersé. Comme je l'ai dit au départ, les initiatives existent. Il y a de nombreuses stratégies nationales de transformation digitale ces dernières années qui ont vu le jour. Plusieurs gouvernements mettent en place ces programmes là pour pouvoir accélérer ou développer la transformation digitale dans leur pays. Mais pour moi, ce qui manque encore un peu, c'est une coordination structurelle. Qu'est ce que j'entends par là ? Il faut des plateformes de convergence, il faut des réglementations qui vont dans le même sens et qui sont alignées sur tous les territoires.
Pourquoi ? Parce que si dans un espace comme l'Afrique de l'Ouest, qui a à peu près quinze pays, chaque pays a sa propre manière de mettre en place et de déployer des stratégies, ça ne bénéficiera potentiellement qu'à leur territoire. Aujourd'hui, on ne peut pas dire par exemple que l'Afrique de l'Ouest a une réglementation sur la transformation digitale. Et ça, c'est un frein.
Chaque pays a ses initiatives en place, mais de façon globale, de façon holistique, il n'y a pas encore de cadre commun.
Ce que je vois émerger de plus en plus aujourd'hui dans cet écosystème, ce sont les modèles de partenariats public privé. Parce qu'aujourd'hui, les gouvernements se rendent bien compte que parfois il y a des entreprises privées qui sont un peu plus en avance sur cette question là qu'eux mêmes. Et donc ces entreprises peuvent apporter une pierre conséquente à l'édifice pour essayer de réguler ou d'accélérer cette transformation dont on parle aujourd'hui. C'est là où des initiatives comme ITW Africa sont intéressantes, parce que ça permet de regrouper, pendant trois ou quatre jours, des acteurs de tous les horizons.
Vous aurez les acteurs publics avec les gouvernements, les acteurs privés avec les entreprises, notamment dans le digital ou d'autres types d'entreprises dans le même contexte. Vous aurez des régulateurs, des acteurs de la connectivité, et de grands acteurs comme ceux des data centers.
Toute cette homogénéité réunie en un seul endroit est très intéressante. Ce n'est pas pour rien qu'une initiative comme ITW Africa perdure et, d'année en année, aborde des thématiques qui sont au cœur des problématiques auxquelles nous faisons face aujourd'hui sur le continent, et plus précisément dans la région.
Avoir tout ce monde là qui peut discuter, échanger, donner des pistes, ne peut que constituer un accélérateur très important pour le déploiement de ce que nous essayons de faire.